Bienvenue

L'Association française des municipalités de lOntario offre un forum pour les personnes élues siégeant aux conseils municipaux, aux employés et aux cadres des corporations municipales. Elle maintient des liens avec les associations francophones et bilingues se préoccupant de la gestion municipale au Canada.

 



Nouvelles

B2Beematch

2020-06-11

L'Association française des municipalités de l'Ontario salue la mise sur pied de B2Beematch, un service qui branche les entrepreneurs avec des fournisseurs de services, des clients et d’autres entrepreneurs. Le RGA (Ottawa/Outaouais) et le Club canadien de Toronto sont partenaires.

Rendez-vous au : https://www.b2beematch.com/quartierdaffaires

LIRE LA SUITE

RÉFLEXION POUR LA CRÉATION D’UN PROTOCOLE D’ACCOMPAGNEMENT À LA FAMILLE D’UNE PERSONNE PORTÉE DISPARUE

2020-05-19

3 RECOMMANDATIONS et 22 SUGGESTIONS
PRÉPARÉES PAR FÉLIX SAINT-DENIS
COORDONNATEUR PAR DÉFAUT DES RECHERCHES COMMUNAUTAIRES ET FRÈRE DE LA VICTIME - LE 20 AVRIL 2020 



UNE INVITATION AUX MUNICIPALITÉS À APPRENDRE DE NOTRE EXPÉRIENCE TRAGIQUE POUR ACCOMPAGNER ENCORE MIEUX LA FAMILLE D’UNE PERSONNE DISPARUE 

RÉSUMÉ DE NOTRE SITUATION RÉCENTE Pendant cinq jours, du 5 au 9 avril 2020, ma famille a décidé d’appuyer activement les policiers dans la recherche de MON FRÈRE THIERRY SAINT-DENIS dont on n’avait pas eu de nouvelles depuis deux jours (situation totalement inhabituelle). La Police provinciale de l’Ontario (PPO ou « OPP ») et la Municipalité de Casselman (où résidait mon frère avec ses deux enfants les plus jeunes) ont répondu à mon appel à l’aide avec une vitesse exceptionnelle. Notre famille leur est ÉTERNELLEMENT RECONNAISSANTE, de même qu’à toute la communauté de Casselman ainsi qu’à une foule de gens d’ailleurs qui ont contribué sur le terrain ou qui ont offert plusieurs moyens concrets pour nous aider. 

LE PIRE MOMENT ET LE PIRE CONTEXTE POUR FAIRE UNE RECHERCHE Toutefois, en raison des mesures restrictives entourant la pandémie du COVID-19, et d’autant plus avec le déclenchement déjà prévu de l’ÉTAT D’URGENCE du village de Casselman au Jour 2 de la recherche de Thierry, J’AI DU ORGANISÉ MOI-MÊME LES PREMIÈRES RECHERCHES ET BATTUES COMMUNAUTAIRES avec des membres de ma famille et des amis que J’AI MIS À RISQUE SANS LE SAVOIR. Qui plus est, avril étant le temps de l’année où la rivière est la moins translucide, les plongeurs ne voyaient qu’à 8 pouces, même chose pour les chercheurs bénévoles marchant les rives. 

UN VILLAGE DE CHAMPIONS QUI ÉTAIT PRIS DANS UN NOUVEAU CONTEXTE S’il n’en avait pas été de l’état d’urgence, À CASSELMAN ON AURAIT PU IMAGINER FACILEMENT AU PREMIER MATIN (JOUR 2) UNE GROSSE BATTUE AVEC 200 BÉNÉVOLES ENCADRÉS PAR PLUS DE 20 POMPIERS. Casselman, c’est un village très organisé, des champions de l’entraide et une petite communauté tricotée serrée de 3 000 personnes. 

En espérant que la mort de mon frère puisse nous permettre de faire encore mieux, avec grande appréciation de toute la famille, 

Félix Saint-Denis, frère de la victime Embrun, Ontario saintdenis.felix@gmail.com 
MESSAGE IMPORTANT À TOUTES LES MUNICIPALITÉS, AUX AUTORITÉS POLICIÈRES ET AUX FAMILLES DE PERSONNES SIGNALÉES DISPARUES 

Sujet : ACCOMPAGNEMENT DE LA FAMILLE D’UNE PERSONNE PORTÉE DISPARUE QUI ORGANISE SES PROPRES RECHERCHES – PARTICULIÈREMENT LORS D’UN ÉTAT D’URGENCE ET/OU DU CONTEXTE D’UNE PANDÉMIE TELLE LA COVID-19 

3 RECOMMANDATIONS et 22 SUGGESTIONS 

(L’utilisation de majuscules dans ce texte est pour des fins de titre ou de mots clés) 

En référence au cas récent vécu sur le terrain comme LEADER DES RECHERCHES COMMUNAUTAIRES POUR MON FRÈRE THIERRY SAINT-DENIS, 48 ANS, signalé disparu et RETROUVÉ NOYÉ À CASSELMAN CINQ JOURS PLUS TARD, LE 9 AVRIL 2020 

CONCLUSION ENTOURANT LA MORT DU DISPARU : Avec les divers éléments démontrés par le plongeur en chef, le coroner et le détective, LA FAMILLE EST CONVAINCUE QUE THIERRY A GLISSÉ EN TENTANT DE RÉCUPÉRER SON MANTEAU DANS LA RIVIÈRE NATION BORDANT LE PARC DES AÎNÉS TOUT PRÈS DE CHEZ- LUI. LA RIVE ABRUPTE ET GLISSANTE EN GLAISE ET LA TEMPÉRATURE MORTELLE DE L’EAU AURONT EU RAISON DE LUI. 

NOUS TENONS À PRÉCISER QUE NOUS CROYONS QUE LA RIVE DE CE PARC ET SON EAU AURAIENT ÉTÉ INOFFENSIVES SI CET ACCIDENT ÉTAIT SURVENU EN ÉTÉ. Nous ne voyons AUCUNE NÉGLIGEANCE de la municipalité de Casselman, au contraire : LE PARC ÉTAIT FERMÉ OFFICIELLEMENT À LA POPULATION EN RAISON DE LA PANDÉMIE. Comme d’autres individus que nous avons aperçus par la suite, Thierry a malheureusement décidé d’aller s’y promener. C’était dans ses habitudes avec ses marches quotidiennes. Cette négligence aura viré au drame. 
 

VOICI NOS TROIS PRINCIPALES RECOMMANDATIONS : 

1- À L’INSTAR DE CASSELMAN, TOUTES LES MUNICIPALITÉS GAGNENT À SE DOTER D’UN SYSTÈME DE MESSAGE D’ALERTE TEXTO GENRE « AMBER » À TOUS LES CITOYENS – PERMETTANT UN APPEL POUR MOBILISER TOUT LE VILLAGE Rejoint tard dimanche soir 5 avril par téléphone, le Chef Pompier de Casselman s’est donné le défi de trouver une solution pour faire une recherche instantanée autour de toutes les maisons et de tous les terrains du village. On était inquiets pour le bien-être de mon frère de 48 ans car on ne réussissait pas à le rejoindre. J’ai découvert qu’il était parti à pieds de son domicile. Le Chef Pompier a trouvé UNE IDÉE GÉNIALE POUR IMPLIQUER TOUTE LA POPULATION DANS LA RECHERCHE DE FAÇON SÉCURITAIRE. Vers 9h au premier matin (le jour 2), suivant la suggestion du Chef Pompier, la Directrice-générale a envoyé l’ÉQUIVALENT D’UNE ALERTE AMBER PAR TEXTO À TOUTES LES MAISONS. À partir de ce moment, on savait que les 3 000 résidents de Casselman fouilleraient leur cour, garages, remises, haies de cèdres et boisés (Mon frère sans histoire aurait pu par exemple y être effondré par malaise cardiaque (tel mon père à 44 ans) ou autre, évanoui, conscient et confus après avoir cogné sa tête, blessé ou même décédé). Pour la famille, on savait que 90 % de la partie résidentielle du village serait couverte pendant tout le reste de la semaine. Pendant les quatre jours suivant cet appel à l’aide, plein de gens m’ont rapporté dans quels boisés ou champs extérieurs ils avaient pris une marche santé, par exprès, pour nous aider. BRAVO À LA MUNICIPALITÉ ET AUX GENS DE CASSELMAN ! 

2- SI LA DIRECTION-GÉNÉRALE EST NOUVELLE DANS LA RÉGION, LA MUNICIPALITÉ GAGNE À DÉLÉGUER RAPIDEMENT SOIT UNE PERSONNE QUI MAÎTRISE LES COMPÉTENCES EN SÉCURITÉ SUR CE TERRAIN ET/OU SOIT UNE PERSONNE QUI QUI CONNAÎT LES GENS DE LA COMMUNAUTÉ AFIN DE CONSEILLER LA FAMILLE – Surtout lorsqu’on sait que la famille initie des recherches : ON DOIT CONSEILLER LA FAMILLE POUR DES FINS D’EFFICACITÉ MAIS SURTOUT DE SÉCURITÉ Avec la déclaration de l’ÉTAT D’URGENCE, comme la loi indique que la Direction- générale d’une municipalité devient la seule personne ressource, LE SERVICE D’URGENCE DE CASSELMAN (LES POMPIERS VOLONTAIRES) NE POUVAIT PAS SE MOBILISER comme c’est la tradition pour aider directement la famille sur le terrain. J’AI AINSI DU ORGANISER LA PREMIÈRE GRANDE BATTUE/RECHERCHE COMMUNAUTAIRE ET, SURTOUT, J’AI RISQUÉ LA VIE, SANS LE SAVOIR, DE 17 BÉNÉVOLES : Je n’étais pas formé en consignes de sécurité, que ce soit par exemple sur comment encadrer un groupe de bénévoles dans un boisé ou une forêt, en sol printanier incertain et notamment sur COMMENT MARCHER EN SÉCURITÉ SUR LE BORD D’UNE RIVIÈRE À TEMPÉRATURE MORTELLE. 
 

3- À L’INSTAR DE LA POLICE PROVINCIALE DE L’ONTARIO, LES MUNICIPALITÉS GAGNENT À SE DOTER D’UN PROTOCOLE D’ACCOMPAGNEMENT DE LA FAMILLE D’UNE VICTIME – EN ÉTAT D’URGENCE COMME EN SITUATION NORMALE Ce protocole est déterminant pour les actions à entreprendre, peu importe la situation – surtout dans le contexte contraignant d’une pandémie et/ou d’une déclaration de l’état d’urgence. Évidemment, c’est principalement la police qui prend toutes les formes de recherche en main. Mais on connait l’esprit d’entraide utile, rapide et phénoménal de petits villages tel que Casselman. Peu importe que ce soit dans son mandat ou non, la municipalité gagne à faire montre de LEADERSHIP DE SOLIDARITÉ en appuyant la famille non seulement moralement, mais SURTOUT QUAND ON SAIT QUE CETTE FAMILLE SE RETROUVE À INITIER DES BATTUES ET DES RECHERCHES SUR LE TERRAIN POUR APPUYER LE TRAVAIL DES POLICIERS. 

AUTRES CONSTATS ET RÉFLEXIONS 

EN RAISON DE L’ÉTAT D’URGENCE ET DE LA PANDÉMIE, MA FAMILLE A DU ORGANISER ELLE-MÊME LA PREMIÈRE GRANDE BATTUE/RECHERCHE POUR THIERRY. Le contexte NOUVEAU ET INÉDIT a fait que ce fut SANS ACCOMPAGNEMENT direct des policiers NI CONSEILS DE SÉCURITÉ de la municipalité. 

GRÂCE À CETTE PREMIÈRE GRANDE BATTUE, C’EST NOUS, LES 17 MEMBRES DE LA FAMILLE ET AMIS, QUI AVONS TROUVÉ LE MANTEAU DE THIERRY DANS LA RIVIÈRE BORDANT SON PARC PRÉFÉRÉ TOUT PRÈS DE SON APPARTEMENT. 

UNE CHANCE QU’ON A FAIT CETTE BATTUE QUI NOUS A PERMIS DE TROUVER SON MANTEAU LE MATIN DU JOUR 2: CECI A ACTIVÉ LA PHASE 2 DE LA RECHERCHE Aussitôt le manteau trouvé, la PPO a envoyé des policiers pisteurs spécialisés, affecté un détective, un hélicoptère parti de Napanee avec une caméra 4K plus puissante que l’œil humain (soirée du Jour 2) et une des deux meilleures équipes de policiers-plongeurs de l’Ontario partie de Gravenhurst. Les plongeurs ont mouillé leur bateau pour trois jours vers 15h mardi Jour 3, équipés d’une des meilleures caméras aquatiques en province. On comprendra plus tard que la puissance de la caméra-radar était fort réduite en raison de l’invisibilité dans l’eau de la rivière Nation extrêmement brumeuse du début avril. 
 

LA POLICE A UN PROTOCOLE D’ACCOMPAGNEMENT SOLIDE AVEC LA FAMILLE D’UNE VICTIME OU D’UN DISPARU – UN MODÈLE DONT ON PEUT S’INSPIRER Comme tout le monde du village, les policiers ne chômaient pas pendant cette première battue du lundi matin (Jour 2). Au contraire. Un ami policier qui était en service et que j’ai pu rejoindre moi-même tôt le premier matin (Jour 2) a patrouillé le village en voiture en tandem avec sa collègue. Un AVIS DE RECHERCHE était déjà publié en début de soirée la veille (Jour 1). Les policiers avaient fait une première battue sommaire à plus de 500 mètres à la ronde et nous-aussi de même la veille dimanche soir (Jour 1) avec une poignée d’amis. Les policiers ont tout un protocole de recherche systémique et d’accompagnement des familles, de la présentation d’une carte d’affaires allant jusqu’à la mise en contact avec des travailleurs sociaux. MERCI À LA PPO, VOUS ÊTES RAPIDES ET RASSURANTS ! 

UN TERRIBLE ACCIDENT DUQUEL APPRENDRE POUR UNE PROCHAINE FOIS Lorsque mon groupe d’amis a fait la découverte du manteau à seulement cinq pieds du bord glissant de la rive, UN DE MES BÉNÉVOLES A MIS LES PIEDS À L’EAU DANS LA RIVE DE PRINTEMPS (LE SURPLUS D’EAU) pour tenter de récupérer le manteau. SI ON NE L’AVAIT PAS ARRÊTÉ LUI DISANT D’ATTENDRE LA POLICE, NOTRE AMI AURAIT VÉCU EXACTEMENT CE QU’ON EST CONVAINCUS QUI EST ARRIVÉ À THIERRY : S’AVANCER POUR RÉCUPÉRER LE MANTEAU ET TOMBER/GLISSER PAR SURPRISE DANS LA PENTE INVISIBLE ET ABRUPTE DE 7 PIEDS DU LIT DE LA RIVIÈRE. LA TEMPÉRATURE EST RAPIDEMENT MORTELLE EN AVRIL. LA CAUSE CONFIRMÉE DU DÉCÈS EST LA NOYADE. La pente et le fond de la rivière sont formés de glaise glissante et instable à ce temps-ci de l’année. QUASIMENT IMPOSSIBLE DE S’EN SORTIR DANS L’EAU FROIDE PARALYSANTE QUI COUPE LE SOUFFLE ET EN PORTANT DES VÊTEMENTS ET DES BOTTINES AUX PIEDS. Quand l’eau est froide, comparativement à l’été, on s’enfonce très vite. On en a pour peut-être deux minutes et mon frère, de stature athlétique, n’a aucun gras pour flotter. 

DES SUGGESTIONS POUR RÉPONDRE ENCORE MIEUX AUX BESOINS DE LA FAMILLE 

Mais voici, à partir de notre expérience vécue, des bons coups qui nous ont aidé et des éléments qui sauront faciliter la situation d’une famille d’une autre victime, notamment si, comme nous, cette famille doit effectuer elle-même des recherches et des battues. 

SVP garder en tête que les membres de la famille ou le porte-parole d’une personne disparue ou d’une victime sont: 

• évidemment préoccupés, ayant en moyenne de 2 à 3 heures de sommeil agité 

• parfois totalement seuls s’ils viennent de l’extérieur, désemparés sans connaître la communauté (personnes clés, repaires, ressources, pied à terre) 

• parfois, s’ils habitent la région, très entourés d’amis équipés et prêts à compléter des recherches et battues (C’était mon cas fortuné en raison de mes connaissances de la région en tant qu’un des principaux organisateurs L’écho d’un peuple) 

• impatients et déterminés à compléter/appuyer du mieux possible le travail de recherche des policiers (Par exemple : Ce n’est qu’au soir du jour 4 que j’ai pu enfin parler au policier-plongeur en chef qui m’a confirmé que j’aurais pu compléter leur recherche depuis deux jours avec les quatre drones à ma disposition) 

• angoissés et prêts à faire leur part lorsque, pendant plusieurs heures (voir une journée), on attend de l’aide spécialisée qui est en route de loin (ex. hélicoptère venu de Napanee, bateau de plongeurs venu de Gravenhurst) et surtout lorsqu’on a l’impression qu’il ne se passe rien sur le terrain. 

En somme, la famille cherche à être GUIDÉE ET CONSEILLÉE, NOTAMMENT POUR DES FINS DE SÉCURITÉ. La famille a besoin aussi de mieux comprendre qui joue quel rôle sur le terrain (policiers, municipalité, initiatives citoyennes, services sociaux, etc.). 

Dans le cas d’une déclaration d’ÉTAT D’URGENCE pour le COVID-19 ou autres crises semblables à l’avenir, on doit retenir une chose : la véritable urgence est de s’assurer que les citoyens restent à la maison et qu’on respecte toutes les mesures de distanciation. Donc, puisqu’il n’y a pas 40 maisons en feu, quand un citoyen de la municipalité est porté disparu, même suite à la brillante alerte texto mobilisant les citoyens au premier matin, LA MUNICIPALITÉ GAGNE À RESTER PRO-ACTIVE AUPRÈS DE LA FAMILLE, MÊME AVEC LA PRISE EN CHARGE DE LA SITUATION PAR LES POLICIERS : jusqu’à preuve du contraire, LE CITOYEN MANQUANT POURRAIT ÊTRE ENCORE VIVANT. 

LA FAMILLE A BESOIN DE SE SENTIR APPUYÉE OU CONSEILLÉE POUR MENER SES ACTIONS COMMUNAUTAIRES EN TOUTE SÉCURITÉ, SURTOUT QUAND ELLE EN FAIT LA DEMANDE. 

VOICI DONC, HUMBLEMENT, NOS NOTES POUR DRESSER UN PROTOCOLE 

LORSQU’UN CITOYEN OU UN VISITEUR DE LA MUNICIPALITÉ EST PORTÉ DISPARU OU EST VICTIME D’UN ACCIDENT POUVANT NÉCESSITER UNE MOBILISATION DE BÉNÉVOLES DE LA FAMILLE ET DE LA COMMUNAUTÉ... 

1- En état d’urgence ou non, trouver des moyens pour ENCOURAGER ET/OU APPUYER LES BATTUES ET LES RECHERCHES PAR LA FAMILLE ET LES CITOYENS Les battues initiées par la famille peuvent être déterminantes : c’est grâce au groupe informel que j’ai recruté que nous avons pu trouver, dans la rivière, le manteau du disparu. C’est cette INITIATIVE FAMILIALE qui a activé une Phase 2 avec des équipes et équipements spécialisés de la police. 

2- Avoir un système déjà en place pour faire une ALERTE TEXTO (semblable à Amber) à tous les résidents pour les inviter à fouiller leur propriété et à garder l’œil ouvert. Cette brillante stratégie très gagnante de la municipalité de Casselman a activé une recherche citoyenne continue tout au long de la période de la recherche. 

3- La personne responsable à la municipalité, surtout dans une petite communauté, gagne à RENCONTRER LA FAMILLE LE PLUS TÔT POSSIBLE EN PERSONNE, comme le font les policiers (gardant la distanciation dans le cas d’une pandémie), facilitant ainsi un PREMIER CONTACT CLAIR, SOLIDE ET RASSURANT. 

4- La personne contact responsable à la municipalité (que ce soit la Direction ou le Chef Pompier) gagne à PARTAGER TOUTE SES COORDONNÉES avec la famille ébranlée et fatiguée, idéalement avec une carte d’affaires tel le font les policiers. 

5- Si la personne responsable à la municipalité est encore nouvelle à la région, même avec l’état d’urgence, elle gagne à DÉLÉGUER UNE PERSONNE CONNAISSANTE DE LA COMMUNAUTÉ pour appuyer/conseiller la famille (ressources humaines, matériel, plans de rivière et du village, etc.). 

6- Si la personne responsable à la municipalité est devenue la première responsable en raison de l’état d’urgence, mais que la sécurité n’était pas sa profession, elle gagne à DÉLÉGUER UNE PERSONNE QUI A LES COMPÉTENCES NÉCESSAIRES EN SÉCURITÉ pour conseiller la famille afin que LA VIE DE BÉNÉVOLES NE SOIT PAS MISE À RISQUE. 

7- Si la municipalité est au courant que des familles effectuent des battues et recherches dans des boisés et sur des rives, elle gagne à INTERVENIR PAR MESURE PRÉVENTIVE AVEC DES CONSEILS DE SÉCURITÉ Par exemple, les bénévoles qui cherchent près de l’eau (à température mortelle ou non) devraient porter une veste de flottaison, un sifflet accroché à une corde, marcher deux par deux en distanciation et avoir au moins une corde. 

8- La personne contact responsable à la municipalité, tout comme les policiers, gagne à INITIER DES COMMUNICATIONS RÉGULIÈRES AVEC LE PORTE-PAROLE DE LA FAMILLE, faisant marque de rassurance pro-active. Ces communications de suivi servent soit à échanger sur les mises à jour sur ce qui se passe sur le terrain, à rassurer émotivement au besoin ou à vérifier si la famille a besoin de conseils ou d’infos pour poursuivre ses actions. 

9- Que ce soit dans le cas de l’état d’urgence ou avec les mesures restrictives avec une pandémie, LE PORTE-PAROLE DE LA FAMILLE DEVRAIT CONSERVER UN DROIT EXCEPTIONNEL D’ACCÈS À UN PARC INTERDIT AU PUBLIC AFIN DE POUVOIR RENCONTRER LE POLICIER-PLONGEUR EN CHEF. J’ai brisé cette règle le soir du Jour 4 n’ayant pas eu de mises à jour de personne depuis la veille. Le plongeur en chef était heureux de pouvoir enfin rencontrer quelqu’un de la famille, m’offrant sa carte pour communiquer directement avec lui. Tous les six plongeurs de l’équipe venue de Gravenhurst connaissaient déjà mon nom. Ils ont l’habitude d’aller sur Facebook pour connaître la famille de la personne disparue. Apporter explications et réconfort direct à la famille fait partie de leur formation, et ils en sont des champions. Leur but ultime, espérant que la victime serait encore vivante quelque part hors de l’eau, est de retrouver le plus vite possible le corps du disparu dans l’eau pour apaiser l’état d’esprit de la famille. 

10- La personne contact responsable à la municipalité gagne à FAIRE DES SUIVIS AUX REQUÊTES/DEMANDES DE LA FAMILLE, peu importe si elle les juge pertinentes ou non. Elle gagne à vérifier à la source, dans ce cas-ci avec le plongeur en chef. 
Au matin du Jour 2, sachant que le bateau n’arrivait qu’en fin d’après-midi, j’ai demandé à la personne responsable à la municipalité quelqu’un pour me conseiller pour l’utilisation de drones par des amis citoyens – conseils emplacement et sécurité. Après deux pleines journées sans nouvelles, le soir du Jour 3 j’ai franchi la ligne du parc interdit et ma discussion avec le plongeur en chef m’a éclairé : « Il est peu probable que le corps de votre frère ait sauté le barrage, mais ce n’est pas impossible, j’ai tout vu en plus de vingt ans de métier. Même si l’hélicoptère de la police a fait un survol spécialisé voilà deux jours, le corps de votre frère pourrait être pris dans les rapides juste ici en aval. Votre idée de drones est excellente car nous on est concentrés dans l’eau ». L’après-midi du Jour 5, j’ai reçu un précieux premier appel du Chef Pompier de Casselman qui m’a monté, en seulement quinze minutes au téléphone, un superbe plan de fouille avec des drones et comment l’effectuer en toute sécurité. 

11- Si la famille vient de l’extérieur et qu’elle ne connait personne dans la communauté (pas mon cas), OFFRIR SI POSSIBLE À LA FAMILLE UN ESPACE QUI LUI SERT DE QUARTIER GÉNÉRAL AVEC TOILETTES ET ACCÈS WI-FI. Cela pourrait être un local d’un club social non utilisé et désinfectable par la suite. 

12- Si la famille vient de l’extérieur et qu’elle ne connait personne dans la communauté (pas mon cas), OFFRIR SI POSSIBLE OU RÉFÉFÉRER UN SERVICE DE GARDIENNAGE POUR LES ENFANTS DES PARENTS QUI FONT DES FOUILLES. Dans le cas d’une pandémie, il y a déjà des éducatrices en confinement. 

13- Sans que ce soit une attente, NOURRIR SUR PLACE UNE ÉQUIPE DE POLICIERS- PLONGEURS PERMET DE GAGNER DU TEMPS DE RECHERCHE. Les familles peuvent facilement prendre cette initiative en main si une municipalité n’a pas l’habitude d’offrir cette courtoisie. C’est ce que j’ai initié au Jour 5 une fois en contact direct avec le plongeur en chef. Comme toujours, les gens de Casselman ont été généreux (collations offertes par une épicerie et un dîner-chaud offert par le traiteur où travaillait mon frère). LE DÎNER A PERMI DE GAGNER DE 30 À 45 MINUTES DE PLONGÉE LORS DE LEUR DERNIÈRE JOURNÉE OFFICIELLE – LES PLONGEURS ONT TROUVÉ LE CORPS DE MON FRÈRE DANS LEUR DERNIÈRE HEURE DE RECHERCHE! 

14- La municipalité peut elle-aussi SAUVER DU TEMPS PRÉCIEUX DE PLONGÉE EN ENTREPOSANT DIRECTEMENT LE BATEAU À MÊME LE VILLAGE (ex. à l’aréna). Les gens de la municipalité de Casselman ont là-aussi été des champions dans le contexte du COVID-19 en répondant à toutes les demandes des plongeurs. 

15- NE PAS PENSER QUE LA FAMILLE PRÉFÈRE NE PAS ÊTRE DÉRANGÉE pendant les journées angoissantes de la recherche, au contraire, d’autant plus lorsqu’on les croise sur le terrain portant des vestes oranges assez visibles. 
 

LA FAMILLE ET SES BÉNÉVOLES GAGNENT EN ASSURANCE ET EN CONSEILS LORSQU’ELLE EST SALUÉE PAR EXEMPLE PAR LE MAIRE, LE CHEF POMPIER ou tout autre joueur clé. Même si ces gens croient que la famille les connait ou reconnait, en tenant compte du peu de sommeil, il est préférable de faire comme les policiers et de se présenter avec une carte d’affaires le plus tôt possible. 

16- Pour la famille qui organise un groupe de recherche/une battue, on gagne à CRÉER UNE DISCUSSION AVEC LE GROUPE DE BÉNÉVOLES PAR GROUPE MESSENGER. Cette technique de communication fut très efficace alors que 17 de mes bénévoles ratissaient quatre secteurs en même temps. On s’envoyait des photos utiles. 

17- Pour la famille qui organise un groupe de recherche ou une battue, L’UTILISATION DE RÉSEAUX SOCIAUX PEUT ÊTRE TRÈS PUISSANTE POUR RECRUTER BÉNÉVOLES ET ÉQUIPEMENTS (bateaux, vestes de flottaison, drones, etc.) Il existe souvent une page Facebook informelle de la communauté (exemple « Tu sais que tu viens de Casselman quand... »). 

18- MONTER UN GUIDE D’INFORMATIONS ET DE CONSEILS DESTINÉ AUX FAMILLES comprenant les ressources locales avec coordonnées, plans urbains, instructions de sécurité, rôles et limites des différentes instances, de la famille et des citoyens, webinaires vidéos conseils, etc. ACCESSIBLE SUR LE SITE WEB DE LA MUNICIPALITÉ 

EN CONTEXTE PLUS SPÉCIFIQUE DE PANDÉMIE: 

1- Les leaders et membres de la famille peuvent S’IDENTIFIER EN PORTANT UNE 

VESTE DE SÉCURITÉ ORANGE. Les gens vous repèrent et comprennent avec appui que vous traversiez au besoin leur propriété. Ils vont même vous donner des conseils sur leur boisé ou leur rive. 

2- À CHAQUE RENCONTRE D’UNE NOUVELLE PERSONNE, POSER LES QUESTIONS DE VÉRIFICATION DE SYMPTOMES DU COVID-19 ET GARDER LA DISTANCIATION. 

3- NE PAS INVITER DANS LA VOITURE DE POLICE le porte-parole de la personne disparue ou de la victime pour compléter le questionnaire de l’avis de disparition. Ceci peut être fait à distanciation et même au cellulaire, d’une voiture à l’autre. 

4- Si on est un policier ou un membre de la municipalité, DISTRIBUER SA CARTE 

D’AFFAIRES EN DEMANDANT DE PRENDRE UNE PHOTO OU PAR TEXTO

MERCI DU FOND DU COEUR
En terminant, au nom de toute ma famille et au nom des enfants de mon frère on tient à remercier une fois de plus du fond du cœur les nombreux intervenants de la Police provinciale de l’Ontario, la municipalité de Casselman, les membres de notre famille et nos amis ainsi que tous les citoyens du village et une foule d’autres gens d’ailleurs. La famille tient également à remercier le conseiller municipal Mario Laplante qui fut notre premier contact et qui a activé l’appui municipal. Votre empressement à nous aider à retrouver Thierry ainsi que votre support concret et moral a transformé cette semaine tragique en semaine de grande solidarité humaine. 

MERCI D’ÊTRE À L’ÉCOUTE DES BESOINS QU’ON A VÉCUS COMME FAMILLE ET DE NOS SUGGESTIONS... POUR L’AMOUR DE THIERRY ET DE SES ENFANTS. 

 

LIRE LA SUITE

Radio-Canada Des outils de gestion de crise pour les municipalités francophones

2020-05-04

L'Associaiton française des municipalités de l'Ontario offre des webinaires sur la gestion de crise à ses membres. PHOTO : ISTOCK

L'Associaiton française des municipalités de l'Ontario offre des webinaires sur la gestion de crise à ses membres. 

PHOTO : ISTOCK


Gérer les multiples aspects d’une crise sanitaire de l’ampleur de la pandémie de coronavirus peut s’avérer très compliqué pour les municipalités, surtout si ces dernières doivent aussi se préparer à d’autres incidents ponctuels comme les crues printanières. L’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO) a lancé cette semaine une série de webinaires pour permettre à ses membres de mieux faire face à de telles circonstances. 

À Rivière des Français, comme dans les autres municipalités ontariennes, les autorités locales se sont assurées d’appliquer les mesures dictées par la province et de suivre les directives de la santé publique.  

Mais il ne s’agissait là que d’une partie de la gestion de crise, selon la mairesse Gisèle Pageau.

Le plus important ici, c’est l’aspect touristique parce que la moitié de notre population vient de l’extérieur de Rivière des Français et ils n’ont pas accès à leurs chalets ou à leurs maisons. Il y a beaucoup d’inquiétude, le téléphone n’arrête pas de sonner, explique-t-elle. 
Gisèle Pageau est la mairesse de Rivière des Français. PHOTO : RADIO-CANADA / FRÉDÉRIC PROJEAN
Gisèle Pageau est la mairesse de Rivière des Français.
PHOTO : RADIO-CANADA / FRÉDÉRIC PROJEAN

 

La moyenne d’âge de la population locale étant élevée, il était aussi important pour la municipalité de garder un œil particulièrement sur les personnes âgées.

Il faut s’assurer qu’ils soient sains et saufs, surtout du côté mental. Ils sont habitués à sortir, à participer à des dîners d’aînés, à aller jouer aux cartes, toutes ces choses-là sont annulées, alors nous avons un groupe qui fait la liaison avec nos aînés, note la mairesse Pageau.

Le sort des entreprises touristiques de la région, qui appréhendent de grandes pertes de revenus pour une troisième année consécutive, préoccupe également les autorités municipales. 

On essaie de les appuyer, mais nos mains sont liées. On essaie de faire du lobbying pour que nos entreprises touristiques obtiennent du soutien financier du gouvernement. On a eu les feux [en 2018], les inondations l’an dernier, et cette année, c’est le coronavirus. C’est très difficile pour elles de survivre dans le métier qu’elles font.

Gisèle Pageau, mairesse de Rivière des Français

Le dégel printanier amorcé, le niveau actuel des eaux n’inquiète pas pour l’instant la mairesse, qui avait dû déclarer l’état d’urgence l’an dernier.

Mme Pageau souligne toutefois que l’éventualité de feux de forêts qui pourraient incommoder les résidents de Rivière des Français, comme Parry Sound 33 en 2018, fait l’objet d’une réflexion continue des fonctionnaires municipaux.

Éviter une double ou triple crise

Des cas comme celui de Rivière des Français illustrent la nécessité de renforcer les capacités des municipalités surtout en contexte de pandémie, selon l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO). 
Yaye Peukassa est responsable du développement des affaires pour l'Association française des municipalités de l'Ontario. PHOTO : YAYE PEUKASSA
Yaye Peukassa est responsable du développement des affaires pour l'Association française des municipalités de l'Ontario.

PHOTO : YAYE PEUKASSA
 

Avec ses partenaires, l’organisme met à la disposition de ses membres des webinaires notamment sur la gestion du télétravail, la gestion du stress en situation de pandémie ainsi que des stratégies pour soutenir les gens pendant la crise.

Le responsable du développement des affaires de l’AFMO, Yaye Peukassa, reconnaît que les municipalités disposent déjà de plans de gestion d’urgences.  

Mais la plupart des programmes de gestion d’urgences n’intègrent pas le fait qu’une urgence se passe dans une autre urgence, ajoute-t-il.  

Cette pandémie survient au printemps, le temps du dégel. Certaines municipalités sont exposées aux crues et aux feux de forêt et risquent donc de se retrouver dans une triple crise. On regarde ça et on se dit qu’il faut qu’on essaie d’outiller et d’accompagner nos membres, ne serait-ce que pour attirer leur attention sur ces facteurs-là et leur éviter pour certains une double, et pour d’autres un triple crise.

Yaye Peukassa, responsable du développement des affaires et partenariats pour l’AFMO
 

 

LIRE LA SUITE